Zoom sur :

Le bébé & l'adolescent

  •   Le massage au service du bon développement physique et psychique de l’individu :

Quelques exemples d'études scientifiques:

 

- Travaux de Harlow, psychologue américain : Etude réalisée sur les bébés singes démontre que ceux-ci, privés de contact avec leur mère, deviennent des adultes autistiques, agressifs, dépressifs, incapables de se reproduire.

 

- Travaux du dr Schanberg, neuro-scientifique et physicien : Etude réalisée sur les rats démontrant que les bébés choyés et touchés par leur mère devenaient plus résistants aux maladies, plus vifs et plus intelligents que ceux privés de contact.

 

- Travaux de Prescott, neuropsychologie (Institut National de la Santé des Enfants et du Développement Humain, Maryland USA) : Etude sur les humains démontrant que la privation du toucher et de contact sont les causes fondamentales de nombreux troubles émotionnels tels dépression, autismes, hyper-sexualité, abus de drogues, violence, agressivité.

 

  • Chez le bébé :

L’association Lola Ya Bonobo, chargée d’une mission de sauvetage des bébés bonobos au Congo, a pu confirmer par son expérience dès le début des années 90 que la mortalité infantile de ces primates était considérablement réduite en confiant ces petits pensionnaires à des mamans de substitution leur assurant un contact charnel permanent.

 

Il est aujourd’hui admis dans les unités hospitalières que les chances de survie et de bon développement des bébés prématurés sont augmentés grâce à un toucher affectif précoce et régulier. (différentes etudes du TRI : moins de pleurs, de stress, de complications médicales, meilleurs gains de poids, production de norepinephrine, epinephrine, dopamine, cortisol, hormone de croissance, qualité du lien affectif (notamment au père donnant regulierement le massage), sommeil, etc.)

 

ü  Chez l’adolescent :

 

Etudes TRI 1999 & 2002 : les adolescents qui ont de fréquents contacts physiques avec leurs pairs font montre de moins de comportements d’agressivité verbale comme physique et ont de meilleures relations sociales en général, moins de comportements à risques ou addictifs, sont moins sujets à la dépression, ont de meilleurs résultats scolaires.

 

L’adolescence est une période de bouleversements tant physiques que psychiques qui peuvent générer du stress, une perte de repères, une difficulté à assumer son nouveau corps, à appréhender son image corporelle, parfois même la dépression ou les difficultés relationnelles ou somatisations.

Le massage peut permettre d’accompagner de manière apaisante ces modifications psychocorporelles en aidant l’adolescent à prendre mieux contact avec son propre corps et à mieux appréhender les contours de son soi. Il pourra ainsi développer une image de soi de meilleure qualité, et de la représentation de l’image qu’il renvoie à l’autre.  Dans un effet immédiat, il pourra apaiser les tensions intérieures et angoisses, et ainsi sa relation à lui-même et à l’autre.

 

Les adolescents sont rarement enclins à verbaliser leurs difficultés et encore moins à adhérer à un accompagnement psychologique, et peuvent trouver dans le massage un outil intéressant et accessible pour évacuer des dynamiques négatives causées par la complexité à gérer ces bouleversements : comportements à risques, somatisations, renfermement sur soi, etc.

 

 

Le massage sera alors adapté dans son approche aux besoins et réticences exprimées par l’adolescent, veillera au maintien d’une bonne distance accompagnante, bienveillante, sans objectif suivi par le masseur, et non intrusif.

  • Cas particulier des troubles des comportements alimentaires

 

Évoquer l’anorexie et la boulimie c’est poser en premier lieu la question de l’insécurité psycho-corporelle. Le vécu, d’une rupture, d’une souffrance psychique et d’un environnement insuffisamment équilibré et stable, crée parfois une faille dans l’évolution de l’identité. La faiblesse ressentie suite à un manque de contenant devient ainsi symptôme. Il y a alors destruction de la relation intérieure, de soi à soi, et émergence d’une stratégie visant « à disparaître, à s’effacer ou à se protéger ». Les troubles alimentaires s’élaborent sur les failles identitaires des corps éprouvés et sensoriels.

 

Le massage a un rôle majeur à jouer auprès de ces personnes en agissant directement sur le corps lui-même et ce, avec attention et respect. Il amène progressivement et en douceur le moment venu, une acceptation de leur corps. La personne anorexique, peu encline à verbaliser, trouve dans cette voie une issue possible. Le corps n’étant plus « habitable », il doit être graduellement « réhabilité ». D’un corps-punition à un corps pacifié, le chemin est long. Il est question de proposer aux sujets, avec leur accord et à leur rythme, des expérimentations tactiles venant enrichir et modifier leur capital sensoriel.

Par l’émergence d’une curiosité sensorielle nouvelle, le bénéfice peut être grand pour le sujet : reprise d’une confiance intérieure grâce à un nouveau repérage de son enveloppe corporelle, un lâcher prise bienveillant.

 

 

 

Le grand avantage du massage bien-être est sa non intention. Le toucher, en étant en relation directe avec le sensoriel, propose une réponse qui se vit dans le présent. Il a ainsi un rôle considérable à jouer comme pratique complémentaire à un dispositif médical incontournable.

Les douleurs physiques &morales (Stress, deuil, angoisse, insomnies)

  • Le massage a un effet anti-douleur morale comme physique :

Le massage, stimulant les récepteurs sensoriels, adresse au cerveau un message agréable l’incitant à libérer de l’endorphine (qui agit comme de la morphine dont elle tire son nom, mais secrétée par l’organisme) aux capacités analgésiques (anti-douleur) et qui procure une sensation de bien-être voire d’euphorie.

En cas de douleur physique, le massage de la zone peut avoir un effet anesthésique sur les recepteurs de la douleurs activés par le trauma.

  •  Le massage stimule les cellules du corps et leur renouvellement

En sollicitant et activant la circulation sanguine, une meilleure oxygénation des cellules conduit à une meilleure régénération de ces dernières et une meilleure cicatrisation éventuelle.

 

Les sujets exposés à des traumas psychologiques peuvent voir leur stress post traumatique, dépression, isolement, réduits grâce aux massages. Ainsi l’ont démontrées des études su des enfants sexuellement abusés, des enfants ayant subi l’ouragan Andrew survenu à Miami en 1995. Le cerveau qui analyse une information transmise par le sens du toucher comme négative, va l’enregistrer dans l’hippocampe comme désagréable. Ainsi, à sensation et information identique, la réponse du cerveau sera plus rapide dans sa réaction au même stimulus. Mais en cas de trauma, cet enregistrement peut devenir déviant. C’est alors tout contact qui devient négatif, quel que soit la réalité du danger ou du désagrément. Le massage peut permettre, progressivement, de remodeler ces données erronées et restaurer le sujet traumatisé dans sa capacité juste à analyser ses sensations et se réapproprier son image corporelle.

  •  Le massage contre la dépression et la fatigue.

Sur des sujets souffrant de fatigue chronique et de dépression, on constate une baisse de l’état dépressif et de fatigue, une augmentation de la dopamine et des neurotransmetteurs.

 

 

Le massage, par l’envoi d’un message sensoriel agréable au cerveau, libère de l’endorphine aux vertus anti-dépressives.

Le sommeil s’en trouve amélioré, les perturbations de l’appétit réduites, les angoisses apaisées.

 

Le toucher bienveillant va permettre au sujet de doper ses propres ressources internes atrophiées par la dépression, de reprendre ancrage dans l’instant présent et le sortir ainsi du ressassement du passé et/ou des projections négatives qu’il fait de l’avenir, de se focaliser sur la réalité des sensations et d’améliorer son rapport à lui-même.

  •  Le massage et le stress :

Stress au travail, stress scolaire, stress familial, stress de la vie courante, etc.

Au-delà d’un atout forme indéniable, le massage possède également des vertus anti-stress éprouvées. On constate d’ailleurs que dans les moments de forte tension, le besoin de contact est plus intense. Des études ont montré que ce contact met en jeu les centres cérébraux du plaisir en libérant des endorphines. Celles-ci sont antistress, psychostimulantes et même euphorisantes.

L’effet du massage contre le stress est immédiat. Mais ses bienfaits ne s’arrêtent pas aux quelques instants qui suivent la séance. Le massé va, à l’occasion du massage, reprendre ancrage avec son corps et sa respiration et ainsi renforcer ses ressources psychiques grâce à la libération d’endorphines et « libérer de l’espace » pour ses capacités cérébrales et de régulation de ses fonctions physiques diminuées par le stress.

Le massage va favoriser l’homéostasie du sujet sur plusieurs heures ou jours selon les sujets, et donner éventuellement un coup de pouce à sa capacité à lutter lui-même contre la spirale négative du stress.

 

Le massage peut améliorer le sommeil, mis souvent à mal par le stress. Ainsi le massage bien-être peut contribuer à enrayer le cercle vicieux entre l’absence ou la mauvaise qualité du sommeil et le stress.

 

Il contribue à soulager les différents effets néfastes du stress en général : problèmes digestifs, accumulation des toxines, troubles musculaires induits, somatisations, etc.

  • Le massage et le deuil ou les familles de malades

Le massage aura les mêmes effets sur les personnes endeuillées que sur les personnes dépressives. En outre, il peut aider le sujet à se recentrer sur lui-même, sur ce qui lui appartient et ce qui appartient à son proche, apporter de la bienveillance à la recherche, pour lui-même, d’un état de bien-être et donc à mieux envisager un avenir malgré la souffrance et/ou la disparition du proche.

 

 

L’apaisement de la personne conduit à l’amélioration de sa relation aux soignants éventuels, ainsi que sa capacité à accompagner avec patience, écoute et actions adaptées vis-à-vis de ses proches.

Les personnes âgées, handicapées, en soin ou après soin suite à une maladie ou un trauma

  • Les personnes âgées, en situation de handicap ou malades

Ces personnes vivent souvent leur corps comme un fardeau de douleurs ou de contraintes. Ils ne le reconnaissent plus.

Leur corps n’est guère plus touché que dans le cadre de soins médicaux ou de toilette subis.

Leur psyché s’en trouve également affectée, la dépression n’est pas rare chez ces personnes. Parfois, la communication avec les soignants et la famille, la verbalisation en général, est altérée.

 

Au début des années 60 et 70, sont apparues respectivement aux Etats Unis et aux Pays bas, les approches de Validation Therapy et Snoezelen. Toutes deux, sont basées sur le principe de l’écoute empathique, la communication non verbale et des stimulations sensorielles. Réinstaurer une relation au toucher lorsque la communication ne passe plus par les mots, permet à la personne de se réapproprier son corps, son image corporelle et personnelle en général, sa dignité. La relation à l’autre et à elle-même est vécue de manière plus apaisée et bienveillante.

Le massage s’inscrit parfaitement dans ces démarches, avec des bénéfices potentiels multiples :

Solliciter les sens, avec douceur et attention portée exclusivement à la personne massée aux seules fins de son bien-être, c’est améliorer son rapport à son corps et le vivre au travers d’émotions positives le temps du soin, restaurer l’image corporelle dégradée par la maladie ou le trauma et/ou les traitements, réactiver ou freiner la dégradation de ses fonctions vitales (défenses immunitaires, dégradations fonctionnelles, problèmes de circulation sanguine, etc), apaiser les angoisses et leurs effets néfastes et réduire éventuellement la prise de médicaments destinés à les calmer, susciter des émotions, faire appel à la mémoire ancienne, etc.

  • Des bénéfices également au profit des proches et es soignants

Le mieux-être de ces personnes bénéficie à elles-mêmes, mais aussi à leurs familles dont la souffrance de leur proche rejaillit nécessairement sur leur propre état de santé, et enfin à leurs soignants avec lesquels, les patients comme les familles, peuvent interagir de manière plus apaisée.

Les bienfaits du massage, appréhendés dans une démarche globale avec l’équipe soignante et sous son contrôle, est très intéressante en elle-même en complément des approches psychothérapeutiques, kinésithérapiques, médicamenteuses relativement aux troubles associés à l’hospitalisation notamment (angoisses, difficultés digestives ou de sommeil, circulatoires, escarres, douleurs physiques connexes non appréhendées dans le cadre de la thérapie en elle-même, etc)

 


 

Source : article de R. Daulin, vice président de la FFMBE, Revue la massagère